LE JOUEUR
Et l'homme est assis devant
moi
Il tient ses cartes au bout
des doigts
Les certitudes ont déserté
sa vie
Tandis qu'il regarde son
full
Il entend comme un bruit de
foule
L'armée des morts l'appelle
cette nuit
Du jeu mortel, il sait
la loi
Le sort nous tire et l'on
s'en va
Ce soir, son destin s'accomplit
Pourquoi faut-il que ce
soit moi
Qui le tue d'un carré
de rois
J'étais l'élève,
il m'avait tout appris
Et le vent tourne au nord
Et le vent tourne au sud
Ce soir,
le maître est mort
C'est ainsi que va la
vie des hommes
Un beau matin, on
perd la donne, adieu
Au loin résonne
un carillon
De sa poche, il sort
un crayon
Il veut prouver que tout
n'est pas écrit
Mais sa pauvre main ne
parvient
Qu'à tracer comme
un signe indien
Deux « l »
et puis deux « i » qui font
"Lili"
Il revoit cette fille
brune
Aux yeux de braise, dans la
brume
Elle valait mieux que ce carré
maudit
Elle avait la beauté
des reines
Qui donne à l'homme
force et peine
Il a perdu, le roi
se meurt aussi
Et le vent tourne au nord
Et le vent tourne au sud
Ce soir,
le maître est mort
C'est ainsi que va la
vie des hommes
Un beau matin, on
perd la donne, adieu
Et c'est mon maître
que je tue
Celui qui savait les
vertus
Du jeu de mort, de fureur
et de nuit
Voilà que nos cartes
s'abattent
Et que son cœur cesse
de battre
Adieu, Lili, le jeu est
bien fini
Et le vent tourne au nord
Et le vent tourne au sud
Ce soir,
le maître est mort
C'est ainsi que va la
vie des hommes
Un beau matin, on
perd la donne, adieu
C'est ainsi que va la
vie des hommes
Un beau matin, on
perd la donne, adieu.