Lundi 5 juillet 2004 : Sapho

Si vous souhaitez mieux connaître cette très grande dame, cliquez sur la photo.

© Photo :  Pierre TERRASSON

 

« Une lecture qui cherche le cante jondo (chant profond), l’aléa dans l’ordre de la lecture et n’exclut pas l’humour » (www.sapho.org).

Nouveau lundi, nouvelle atmosphère. Cette fois-ci nous avons plongé dans un univers tout différent du précédent, celui de Sapho, celui des multiples facettes de ses talents, et ils sont nombreux.
Ambiance plus tamisée, ambiance intimiste, avec une très jolie suite d’une cinquantaine de petits bougeoirs proches de l’artiste, nous entrions déjà dans le monde de Sapho.

Thierry Séchan, initiateur de cette lecture, avait retenu pour thème le nouveau livre de Sapho : « Le livre des 14 semaines ». 14 semaines de poèmes, dont il faut parfois « découvrir la clé », provoquant la curiosité du lecteur, ou de l’auditeur dans le cas présent puisqu’il s’agit d’une « lecture musicale », surprenants, tristes aussi parfois, et d’autres humoristiques ! Sapho sait être tout à la fois !

En première partie, après avoir présenté Sapho (mais on ne la présente plus….), Thierry nous fit une lecture de quelques textes qu’il avait choisis dans ce livre ’bleu’ comme il se doit.

Extraits

Première semaine, lundi « …Je ne sais rien haïr avec persévérance. Si. Le mépris, le seul mépris »

Deuxième semaine, jeudi « Nous parlons mal de notre amour, Nous le flagellons d’injures Nous voulons qu’il rugisse de douleur Pour qu’il se souvienne encore De l’étreinte ivre de commencement »

Sixième semaine, dimanche « …Une mère masquée berce son chagrin ses petits, O leur voix de cristal Carillon… Il éveillait le monde enchanté qui dort dans le monde. Elle reste Et le silence ».

Treizième semaine, dimanche : « Tu poses des questions Mauvaises Tiens, mets un chiffon doux Sur ta bouche ».

Treizième semaine, mardi : « …Je pourrais y rester. Non, ni repos pour toi Ni repos pour moi Ni académie Juste 1 désir ».

Ensuite, vint une intro à la guitarra flamenca de Vicente Almaraz, Sapho commença par une chanson en espagnol. Puis, elle enchaîna sur les poèmes du Livre des 14 semaines et là, une fois encore, la salle resta subjuguée par la « présence » de cette grande dame de l’écriture, ses virevoltes, ses paroles fortes ou plus douces, son humour, sa façon bien à elle de changer d’une fraction de seconde à l’autre de registre, de passer de l’humour à la dérision ou à la tristesse.

La présence des sons de la guitare intimement liés aux paroles, à la mouvance, à la voix, aux sentiments de Sapho donnait une vie inhabituelle à ce qui n’aurait pu être qu’une lecture banale, grâce à ces deux personnalités réunies, ce furent 50 minutes d’enchantement.

Le « Livre des 14 semaines » est disponible aux Éditions de la Différence (15 euros).

Liz K.

Photos d'Yvan